jeudi, 15 mai 2008

Un parti organisé de façon autoritaire ... avec une présidence brejnévienne

Alors que la grogne monte chez les parlementaires de la majorité, Hervé de Charrette et Christian Estrosi stigmatisent la direction «brejnévienne» de leur parti.

Extraits issus d'un article publié sur le site du Figaro :

  • L'UMP n'est «pas utile à Nicolas Sarkozy» et pas «non plus utile dans la vie politique». Le constat énoncé par Christian Estrosi, maire de Nice, dans un entretien au Point.fr, est cruel. Pour l'ex-secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, le parti de la majorité «a un vrai problème d'organisation, de débat interne et de confrontation d'idées», qui le coupe de ses «racines populaires».
  • Interrogé par libération.fr, Hervé de Charrette explique ... que son parti traverse «une crise d'identité». Et ne mâche pas ses mots : «l'UMP est un parti qui a été organisé de façon autoritaire par Nicolas Sarkozy pour la conquête de pouvoir, mais son fonctionnement devient inadapté sous la présidence brejnévienne de Patrick Devedjian». Une attaque en règle contre le chef du parti, très discret depuis la crise parlementaire de mardi. Et le député craint que les tensions au sein de la majorité ne continuent «à se développer s'il n'y a pas de remède».

Derrière ces attaques contre la direction de l'UMP, la grogne continue de monter contre l'Elysée, jugé trop loin des préoccupations des députés de la majorité. Mercredi, lors d'une réunion de groupe, Claude Goasguen, député de Paris, n'a pas hésité à fustiger les «connards» (sic) qui «parlent trop de l'autre côté de la Seine. En clair : les conseillers de l'Elysée. Une injure qu'il a ensuite publiquement assumé.

Quand le Nouveau Centre souligne son inutilité

François Vannson (UMP) et François Rochebloine (NC) sont les deux députés de la majorité qui, en s'abstenant mardi sur le texte sur les OGM, ont provoqué une crise dans la majorité. Ils justifient leur vote au Figaro.fr.

  • Le député UMP qui s'est abstenu maintient, après coup, son opinion et son vote "Il serait très curieux que je regrette mon vote aujourd'hui. J'assume pleinement mon choix". Bravo.
  • Le député Nouveau Centre précise que : "si j'avais connu le résultat à l'avance, j'aurai voté «oui»", et "Jusqu'à preuve du contraire, l'UMP dispose de la majorité absolue à elle seule, ils n'avaient qu'à être suffisamment nombreux dans l'Hémicycle… Je pensais que l'UMP avait pris ses dispositions."

Quelle aberration ce Nouveau Centre !

  • Qui peut faire confiance à ce type de raisonnement qui n'a pas de conviction politique,
  • Ils soulignent eux-mêmes leur inutilité en se disant dans la majorité, tout en soulignant que l'UMP qui a la majorité absolue à l'Assemblée Nationale, doit assumer seule ses responsabilités.

mardi, 13 mai 2008

Réforme constitutionnelle : les évolutions indispensables pour renforcer réellement le rôle du Parlement

La majorité nous présente le projet de réforme constitutionnelle comme une réelle avancée renforçant le rôle et les pouvoirs du Parlement, et tout particulièrement de l'Assemblée Nationale.

Une majorité des 3 cinquièmes étant nécessaire au Congrès (députés + sénateurs), l'UMP doit trouver des alliés de circonstance pour faire passer ce projet. Des débats agitent ainsi le PS afin de fixer le cas échéant des conditions à un accord, mais François Hollande ne semble pas réellement souhaiter trouver un accord.

Quoi qu'il en soit, on peut regretter que le gouvernement n'ait pas chercher à débattre de ces questions avec les Français et à faire preuve de pédagogie.

Essayons-nous à un tel exercice. Si on veut réellement renforcer le pouvoir du Parlement, un certain nombre de conditions me paraissent indispensables :

Il faut tout d'abord commencer par rendre le Parlement plus représentatif de l'ensemble des Français, ce qui passe par l'introduction a minima d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés (on peut d'ailleurs rappeler au PS, que la proportionnelle existe déjà pour l'élection des sénateurs des départements les plus peuplés, avec un collège électoral constitué à majorité des élus municipaux élus avec une dose de proportionnelle, et que l'introduction d'une dose de proportionnelle pour les députés est plus importante que l'application de la proportionnelle pour les sénateurs dans un plus grand nombre de départements !),

Il faut également renforcer les moyens et les pouvoirs des parlementaires n'appartenant pas à la majorité, en terme d'investigation et de contrôle, et par l'imposition de majorités qualifiées (plus que 50 %) pour certains textes, et/ou certaines nominations

Il faut enfin être plus exigeant vis-à-vis du travail des députés :

  • par des mesures incitatives ("jetons de présence", c'est-à-dire une rémunération tenant compte de leur participation effective aux travaux des commissions et aux séances plénières),
  • et/ou par des mesures restrictives : vote physique, limitation plus stricte du cumul des mandats (interdiction pour un député d'être président ou vice président d'un conseil général et régional, maire ou adjoint d'une ville ou président de structure intercommunale au-delà d'un certain seuil de population, ... ).

Hervé Chefdeville

lundi, 12 mai 2008

Sarkozy est un soixante-huitard contrarié, ... qui a instrumenté la peur de 1968

Suite des extraits du livre "Forget 1968" :

  • Sarkozy est un soixante-huitard contrarié ! ... Je viens de faire un débat avec Henri Guaino qui m'a sorti une série d'arguments contre 68. Le premier argument qu'il me débite, c'est "Vous voyez, c'est une société sans morale, jouir sans entrave." C'est lui qui dit ça ! Non, mais franchement ! S'il y en a un qui, aux yeux de tout le monde, et en grande pompe, veut jouir sans entrave, c'est bien Sarkozy !
  • Il faut bien comprendre que Sarkozy et ceux qui ont écrit ses discours ont instrumenté la peur de 1968 d'une partie de la droite. Ils ont vu dans cette peur un vecteur unifiant d'une certaine droite contre la gauche...
    Sarkozy a compris que jusqu'à soixante ans, la France est divisée par moitié. Et il comprend que pour gagner l'élection (présidentielle de 2007), il doit viser les plus de soixante ans. Chez les plus de soixante ans, il rassemble tous ceux qui ont fait la vague bleue (des législatives) de 1968.  

dimanche, 11 mai 2008

Bilan d'un an de ministres issus de la gauche

A noter l'article "L'ouverture et après ?" publié dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles de cette semaine.

Côté ministres de gauche, le bilan n'est pas convaincant. Peu audibles, peu visibles, parfois carrément absents, ces personnalités ont avant tout joué les utilités. On les pensait pugnaces, on imaginait que sur des sujets ils iraient au clash. Il n'en a rien été.

Hormis Martin Hirsch, qui a laissé une fois entendre qu'il démissionnerait, tous se sont peu ou prou tenus à carreau. Quitte à avaler des couleuvres, ... plutôt que de renoncer à leur fauteuil.

Tour d'horizon :

  • Bernard Kouchner : la star déchue
  • Jean-Pierre Jouyet: grand commis de l'Etat
  • Eric Besson : l'homme des rapports ... enterrés
  • Fadela Amara : grands coups de gueule et petit plan de banlieue
  • Jean Pierre Bockel : l'échec de la "rupture éthique"
  • Martin Hirsch : les mérites de l'obstination

mardi, 06 mai 2008

Bilan d'un an : une économie dégradée, ... et une popularité au plus bas

La cote de confiance de Nicolas Sarkozy enregistre une nouvelle baisse de 4 points pour s'établir à 36%, selon un sondage LH2 - nouvelObs.com rendu public hier, le plus bas niveau enregistré par cet institut depuis l'élection du président le 6 mai 2007.

  • 53% (-1) des personnes interrogées disent avoir une opinion négative sur Nicolas Sarkozy en tant que chef de l'Etat.
  • François Fillon perd également 4 points avec 46% de Français exprimant une opinion positive sur son action, contre 41% qui ont un avis inverse (42% fin mars).

Selon ce sondage,

  • les avis formulés par les Français sur le bilan de Nicolas Sarkozy sont négatifs dans presque tous les domaines.
  • Seule sa politique européenne est considérée comme "plutôt un succès" par une courte majorité de sondés: 43% contre 37%.
  • A l'inverse, les opinions négatives l'emportent quand il s'agit du rôle de la France dans le monde (43% contre 38%), l'environnement (44% contre 36%), l'emploi (60% contre 25%), la fiscalité (60% contre 22%), la croissance économique (72% contre 13%).
  • En matière de pouvoir d'achat, 85% considèrent que l'action de Nicolas Sarkozy a été un échec, contre 5% seulement qui y voient un succès. Selon LH2, cette opinion est également largement partagée par les sympathisants de droite: 73% contre 12%.

Introduire une dose de proportionnelles aux législatives

Lors de son audition par la commission des Lois de l'Assemblée nationale, hier lundi 5 mai, François Bayrou a annoncé qu'il présenterait, au cours de l'examen du projet de loi de réforme constitutionnelle, des amendements pour introduire une dose de proportionnelle aux élections :"Si l'on ne touche pas au principe de représentation, toutes les autres dispositions contenues dans le texte sont de pure façade".

Après avoir annoncé que les parlementaires de son groupes (3 députés, 10 sénateurs) ne voteront pas la réforme sans introduction du scrutin proportionnel, il a plaidé pour une "représentation peut-être pas proportionnelle mais qui ne soit pas symbolique". Le mode de scrutin ne fait toutefois pas partie de la réforme de la Constitution.

François Bayrou a ensuite expliqué à nouveau qu'il ne "faisait pas" du droit d'expression du chef de l'Etat devant le Parlement "une affaire théologique", "mais cela doit être devant le Congrès" : S'il vient "devant l'Assemblée nationale, il faut qu'il écoute ce qu'elle a a dire". "Il faut qu'il y ait débat, sans vote".

M. Bayrou s'est dit par ailleurs "en désaccord sur le fait qu'il faille déclarer qu'on soutienne le gouvernement", comme le prévoit l'article 1er du projet de loi : "Je suis incapable de dire si je soutiens ou non le gouvernement car cela dépend du gouvernement et de ce qu'il fait", jugeant par ailleurs cette disposition "en contradiction avec le fait que la Constitution proscrit le mandat impératif" des élus.

Il a par ailleurs jugé qu'"il manque à cette réforme un paragraphe sur l'indépendance des médias à l'égard de l'Etat et des puissances d'argent", en promettant un amendement en ce sens.

mercredi, 30 avril 2008

Contestations à l'UMP sur la sur la réforme des institutions

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a déclaré aujourd'hui à l'AFP que le texte sur la réforme des institutions ne pouvait "pas être adopté en l'état" et devait faire l'objet d'une "contribution majeure du groupe UMP" sur des points "importants".

"C'est une réforme qui pose beaucoup de sujets" d'interrogation au sein des députés UMP, a-t-il reconnu à l'issue d'une réunion du groupe à l'Assemblée consacrée à ce projet de loi constitutionnelle, approuvé la semaine dernière en Conseil des ministres. Cette réunion a été "houleuse", selon plusieurs participants.

Il faut aller au fond des choses" sur un certain nombre de points "importants" avant l'examen du texte dans l'hémicycle, prévu le 20 mai, a souligné M. Copé. Parmi les amendements qu'il souhaite, le député de Seine-et-Marne a cité l'évaluation et le contrôle de l'action du gouvernement par le Parlement et l'amélioration de la procédure législative.

Par ailleurs, deux points majeurs -quasi suppression du recours au 49-3 qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote et abandon de la voie exclusivement référendaire pour toute nouvelle adhésion à l'Union européenne- suscitent de vives critiques au sein du groupe UMP, a ajouté M. Copé.

Des participants à la réunion ont souligné qu'au sein du groupe UMP, certains étaient opposés à l'expression du président de la République devant les assemblées, introduite par le projet de loi.

Rappelons qu'au Modem, nous exigeons que ce texte prenne en compte l'introduction d'une part non négliable de proportionnelle, dans l'élection des députés à l'Assemblée Nationale.

mardi, 29 avril 2008

Impopularité historique !

"Impopularité historique pour Nicolas Sarkozy", c'est le titre d'un article publié sur le site du Figaro.

Nicolas Sarkozy n'a pas encore reconquis l'opinion. A en croire le baromètre BVA-l'Express réalisé avant l'interview télévisée du 24 avril, le chef de l'Etat perd 8 points de popularité en un mois, à 32% de bonnes opinions. Sanction identique pour François Fillon, qui baisse aussi de 8 points à 43% (46% d'opinions défavorables).

Selon Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion, ce taux de mauvaises opinions du président de la république (64%, +9 points) est «le plus élevé jamais enregistré» par son institut depuis la création de son baromètre de l'exécutif en 1981. En revanche, le faible taux de bonnes opinions (32%) s'est déjà produit dans le passé (Jacques Chirac en novembre 1995 et même 31% pour François Mitterrand en mars 1992).

De son côté, Bertrand Delanoë (PS) reste en tête des personnalités dont les Français souhaitent voir croître l'influence (49%, -2), devant Ségolène Royal (43%, +2), le président du MoDem François Bayrou (42%, -3), le porte-parole de la LCR Olivier Besancenot (41%, -2) et le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo (39%, -5).

lundi, 28 avril 2008

Bayrou à Matignon ?

Un sondage Le Parisien-Aujourd'hui en France, publié jeudi dernier, montre que les Français apprécieraient François Bayrou au poste de Premier ministre. Ils se disent aussi majoritairement insatisfaits du bilan de la première année de Nicolas Sarkozy.

Le site internet de l'express a détaillé les résultats de ce sondage :

  • L'enquête, réalisée les 16 et 17 avril selon la méthode des quotas auprès d'un échantillon de 1006 personnes, révèle en effet que 39% des Français souhaitent que François Bayrou soit le chef du gouvernement parmi huit personnalités (58% ne le souhaitent pas). Il devance de deux points le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner (37% contre 59%) et la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie (34% contre 61%). Suivent l'ancien Premier ministre et maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé (33% pour, 64% contre), Jean-Louis Borloo (31% pour, 61% contre). Dominique de Villepin (29%), Xavier Bertrand (24%) et Rachida Dati (20%) ferment le ban.

Un an après l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence, François Bayrou est revenu, dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France, sur les raisons de la baisse de popularité du chef de l'Etat :

  • le leader du MoDem explique que "le problème est à l'origine dans sa campagne, et aussi en lui, dans ses goûts et ses choix. Or, la France est la France: un peuple de citoyens qui veulent de la profondeur, pas de l'apparence".
  • Bayrou se montre également sceptique quant au changement de style amorcé par le président après la cuisante défaite de la droite aux municipales : "Un homme peut-il changer en profondeur? Franchement je n'y crois guère".

Toutes les notes