dimanche, 28 juin 2009

La première prison du monde

Des prisons iraniennes rien ni personne ne sort. Les Iraniens font la queue à la porte des prisons, pour y trouver le nom d’un parent, d’un proche dont ils n’ont plus de nouvelles. Les recherches désespérées se répètent dans toutes les villes du pays. La liste de 700 noms placardée à l’entrée de la prison d’Evine est bien incomplète. Les familles se voient refuser systématiquement le droit de voir leurs proches disparus. Les portes restent closes. Déjà le 22 juin, 150 avocats iraniens avaient lancé un appel aux autorités pour la libération des personnes arrêtées, demandant au moins l’accès des prisons pour les avocats.

Pour Reporters sans frontières :

  • « Les familles des centaines d’Iraniens emprisonnés dans la prison d’Evine sont en droit de voir leurs proches et d’obtenir des informations sur les raisons de leur détention. Ceux détenus dans la section 209 sont particulièrement en danger. Nous demandons aux autorités de Téhéran d’autoriser les représentants de la presse étrangère et des représentants d’organisations de défense des droits de l’homme à visiter la prison comme cela avait été le cas en 2006 »,
  • « Plusieurs témoignages nous font craindre que la torture et les mauvais traitements soient systématiquement infligés aux détenus accusés d’avoir manifesté contre le régime. Plusieurs journalistes et blogueurs auraient été violentés par les gardiens et les hommes du procureur M. Mortazavi. Comme le stade de Santiago du Chili en 1973, la prison d’Evine est devenue un centre de détention sanglant où règne l’arbitraire. Nous appelons la communauté internationale à tout faire pour briser le silence qui s’est imposé autour des prisonniers d’opinion de la prison d’Evine ».

Dans le passé, Reporters sans frontières a recueilli de nombreuses informations sur des cas de torture au sein de la prison d’Evine.

  • Ainsi, la journaliste irano-canadienne Zara Kazemi y est morte sous la torture en 2003, et plus récemment le blogueur Omidreza Mirsayafi, décédé le 19 mars 2009.
  • Récemment libéré de la prison d’Evine, Roxana Saberi a déclaré : "Je suis inquiète pour les gens qui sont détenus, je pense qu’ils le sont dans des conditions plus difficiles que moi. Certains sont probablement torturés physiquement."

Depuis l’élection présidentielle contestée, au moins 25 journalistes arrêtés sont toujours emprisonnés. Avec un total de 33 journalistes en prison, l’Iran est la première prison du monde pour les journalistes, devant la Chine et Cuba.

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