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mardi, 13 mai 2008
Réforme constitutionnelle : les évolutions indispensables pour renforcer réellement le rôle du Parlement
La majorité nous présente le projet de réforme constitutionnelle comme une réelle avancée renforçant le rôle et les pouvoirs du Parlement, et tout particulièrement de l'Assemblée Nationale.
Une majorité des 3 cinquièmes étant nécessaire au Congrès (députés + sénateurs), l'UMP doit trouver des alliés de circonstance pour faire passer ce projet. Des débats agitent ainsi le PS afin de fixer le cas échéant des conditions à un accord, mais François Hollande ne semble pas réellement souhaiter trouver un accord.
Quoi qu'il en soit, on peut regretter que le gouvernement n'ait pas chercher à débattre de ces questions avec les Français et à faire preuve de pédagogie.
Essayons-nous à un tel exercice. Si on veut réellement renforcer le pouvoir du Parlement, un certain nombre de conditions me paraissent indispensables :
Il faut tout d'abord commencer par rendre le Parlement plus représentatif de l'ensemble des Français, ce qui passe par l'introduction a minima d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés (on peut d'ailleurs rappeler au PS, que la proportionnelle existe déjà pour l'élection des sénateurs des départements les plus peuplés, avec un collège électoral constitué à majorité des élus municipaux élus avec une dose de proportionnelle, et que l'introduction d'une dose de proportionnelle pour les députés est plus importante que l'application de la proportionnelle pour les sénateurs dans un plus grand nombre de départements !),
Il faut également renforcer les moyens et les pouvoirs des parlementaires n'appartenant pas à la majorité, en terme d'investigation et de contrôle, et par l'imposition de majorités qualifiées (plus que 50 %) pour certains textes, et/ou certaines nominations
Il faut enfin être plus exigeant vis-à-vis du travail des députés :
- par des mesures incitatives ("jetons de présence", c'est-à-dire une rémunération tenant compte de leur participation effective aux travaux des commissions et aux séances plénières),
- et/ou par des mesures restrictives : vote physique, limitation plus stricte du cumul des mandats (interdiction pour un député d'être président ou vice président d'un conseil général et régional, maire ou adjoint d'une ville ou président de structure intercommunale au-delà d'un certain seuil de population, ... ).
Hervé Chefdeville
12:28 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : constitution, député, sénateur, ump, ps, modem, démocrate










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Commentaires
Bonjour,
Oui effectivement, le renforcement des rôles du Parlement est une donnée majeure de la réforme des institutions.
J'ajouterais la maîtrise partagée de l'ordre du jour avec le gouvernement, et la limitation du champ d'application du 49-3.
Ecrit par : Thibault | mardi, 13 mai 2008
Le projet de révision modifie beaucoup d'articles de la Constitution. Cela en fait-il une "grande réforme" ?
Assurément non, si l'on s'essaie à dresser la liste de quelques unes ses lacunes: encadrement du cumul des mandats parlementaires et locaux, limitation dans le temps des mandats parlementaires, redécoupage périodique des circonscriptions électorales, extension de la proportionnelle (au moins au Sénat), dispositifs d’initiative populaire (propositions de loi ou référendums d’initiative citoyenne), réforme de la composition du Conseil constitutionnel, la suppression du droit de veto sénatorial en matière constitutionnelle, reconnaissance de droits réels à l’opposition parlementaire etc.
Et l'on s'étonne des hésitations et des réticences des parlementaires?
Pour une analyse critique plus détaillée, voir:
www.alter-reformeconstitutionnelle.com
Ecrit par : G. | mardi, 20 mai 2008
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