« Rendez-vous des Européens à Lille | Page d'accueil | prochain Conseil municipal le 15 mai à 19 h »

dimanche, 04 mai 2008

Le travail de sape contre les fondements de la politique familiale se poursuit !

Selon le quotidien Le Monde, le document du gouvernement sur la nouvelle réforme des retraites remis lundi dernier contient une disposition prévoyant le transfert à la branche famille des majorations de pensions pour enfants.

Rappelons que dans le régime actuel de retraites par répartition, le financement repose sur une solidarité entre générations. Les salariés financent la retraite des générations antérieures (de leurs parents, et le cas échéant de leurs grands parents), et à leur retraite, ce sont les générations suivantes (enfants et petits-enfants) qui devraient financer leur retraite, si le régime par répartition est maintenu.

On met souvent en avant l'allongement de la vie des hommes et des femmes pour justifier de réformer les retraites, mais le problème vient aussi au Japon et en Europe d'une baisse de la natalité, heureusement un peu moins accentuée en France.

La majoration des retraites pour avoir élevé des enfants est donc fondée et ne doit pas être financée par la branche famille, dont la raison d'être est justement d'aider les familles à avoir et à élever des enfants.

Hervé C.

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://udfboulogne-billancourt.hautetfort.com/trackback/1602351

Commentaires

En fait, le principe de retraite par répartition voudrait que ce soit toute la branche famille qui soit à la charge de la branche retraite, car sans renouvellement des générations il n'y aurait pas de retraite par répartition.

Ce renouvellement des générations nécessite, pour ceux qui choisissent d'en assurer la charge, une baisse notable de leur niveau de vie effectif (prévoir un van plutôt qu'un coupé ou un 4*4, prévoir un logement assez grand donc plus éloigné et moins luxueux ...), qui est partiellement compensé de plusieurs façon , notamment :
* prise en compte de leur capacité contributive réduite à l'impôt sur les revenus par le jeux du quotient familial
* attributions d'allocations familiales (qu'il serait plus simple d'augmenter et de soumettre à l'impôt, plutôt que de fragmenter par seuils et plafonds)
* mise en place de services publics non ou sous-facturés adaptés au plus jeune âge, puis au besoins de formation de la jeunesse
* majoration de retraite, pour service rendus au pays (comme certaines décorations), seule partie actuellement explicitement mis à la charge de la même génération, du fait de son financement via les caisses de retraite

Le résultat de ces mesures montre malheureusement que ces avantages aux familles, compte tenu de la pression de la publicité et de l'individualisme croissant, sont tout juste suffisants pour assurer le renouvellement des générations; il ne saurait donc être question de le réduire.
Réduire la part d'aide remise après coup (majoration de retraite) serait tentant, mais marquerait un mauvais coup, visible de tous, pour la fiabilité des engagements sociaux; une telle mesure en saperait bien vite les bases dans tous les domaines, et ferait aussi craindre pour la gratuité de l'enseignement ...

Je voudrais faire observer à ceux qui militent pour les retraites capitalisations
* que l'objectif "Rentier à vie" est un challenge beaucoup moins motivant que celui d'élever des enfants; et que les générations de l'entre deux guerres mondiales ont réussi à se ruiner allègrement par malthusianisme (qu'ils fassent l'effort de s'instruire pour ne pas avoir la mémoire trop courte).
* que développer rapidement ce type de retraite revient à faire monter les prix des actions et autres avoirs capitalistiques, maintenant, au moment où les jeunes doivent acheter ces avoirs pour leur avenir de vieux, et qu'en cas de baisse de démographie, ils ne trouveront pas d'acheteurs lorsque tous ensemble, ils auront besoin de les revendre. Beau marché de dupe !
* les jeunes feraient mieux de ne pas croire les vieux qui les pousseraient outrancièrement dans cette voie et qui, comme moi disposent d'une vie d'économie à leur revendre le plus cher possible maintenant. Il serait tout aussi illusoire de leur part d'aller placer leur économies très largement en pays émergent en comptant que ce seront les petits chinois qui leur paieront leur retraite !
* Depuis Alfred Sauvy nous savons que l'économie ne va bien que lorsque la démographie assure bien le renouvellement des générations. Il nous faut obtenir les conditions de travail, de rémunération et de solidarité qui permettent au plus grand nombre de participer à ce renouvellement, donc à mon avis, développer et mieux organiser le salariat à durée indéterminé.

Ecrit par : yves Guillon | jeudi, 08 mai 2008

Yves,

Je suis tout à fait d'accord avec ton analyse, et je plaide pour que le Modem ne délaisse pas ces sujets

Ecrit par : Hervé | vendredi, 09 mai 2008

Ecrire un commentaire