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vendredi, 09 mai 2008

L'exemple de Robert Schuman montre que la politique n'est pas si foncièrement impure qu'un honnête homme ne puisse y réussir sans se renier

C'est un curieux itinéraire que celui de Robert Schuman.

Né en 1886 au Luxembourg, patrie de sa mère, et d'un père lorrain, devenu allemand après la défaite de 1870, il fera des études universitaires en Allemagne, puis s'installera en 1912 comme avocat à Metz dans le Reichsland annexé. Homme de deux cultures, lorrain de toujours et français de coeur, il était, dit-il un de ces hommes de la frontière "où le sang se mélange et les caractères nationaux se confondent". Il s'est défini lui-même comme un "catholique mosellan" et s'inscrit dans la tradition du catholicisme social rhénan.

Rien ne le prédestinait à une carrière politique. Dépourvu d'éloquence et de brillant, modeste, effacé, désintéressé, parfaitement honnête, toujours fidèle à ses profondes convictions. A la mort de sa mère il avait songé à entrer dans les ordres. Mais il a finalement choisi de s'engager dans la cité. La politique consistait pour lui à servir le mieux possible le bien commun, comme un "apôtre laïc".

L'exemple de Robert Schuman montre que la politique n'est pas si foncièrement impure qu'un honnête homme ne puisse y réussir sans se renier, qu'un chrétien ne puisse s'y engager sans perdre son âme.

Voilà une des raisons de s'engager en politique.

Hervé Chefdeville

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