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mercredi, 26 mars 2008

L’inventeur du «droit d’ingérence» est étrangement inaudible

Le quotidien Libération fait aujourd'hui sa une avec le titre suivant : A quoi sert Kouchner?

C'est effectivement une question que les français, et plus particulièrement les démocrates et les humanistes, peuvent se poser.

Quelques extraits de l'article de Libération :

  • Du fondateur de MSF et de l’inventeur du droit d’ingérence, on attendait beaucoup. Mais une fois ministre de Sarkozy, il est rentré dans le rang, notamment sur le Tibet. Un combat pourtant cher à son cœur.
  • Kouchner sous l’éteignoir. Il n’est plus le défenseur tout terrain de l’action humanitaire. Il n’est pas pour autant devenu le chef flamboyant de la diplomatie française. Paradoxalement, les trois secrétaires d’Etat rattachés au Quai d’Orsay paraissent plus audacieux que leur patron : Jean-Marie Bockel (ex-secrétaire à la Coopération) s’était fait remarquer sur la Françafrique, Jean-Pierre Jouyet sur l’Union méditerranéenne tandis que Rama Yade faisait savoir qu’elle défendait les droits de l’Homme, en Libye et au Tibet
  • L’inventeur du «droit d’ingérence» est étrangement inaudible sur la Chine comme il le fut sur la visite de Kadhafi à Paris.

Laurent Joffrin consacre son éditorial à Bernard Kouchner :

  • Bernard Kouchner a-t-il eu raison de prêter la main à cette opération tactique qu’on appelle «ouverture» ? Visiblement, l’intéressé n’est pas loin de se poser lui-même la question.

  • Dans l’affaire du Tibet, en tout cas, l’utilité de sa présence au gouvernement est à peu près nulle. Ses premières déclarations ont été frappées au coin de la langue de bois quai d’Orsay la plus épaisse. A tel point qu’il s’est attiré non seulement l’ire des ONG et de la gauche mais aussi les attaques violentes de certains membres de la majorité. Le député UMP Lionnel Luca, dévoué à la cause du Tibet, l’a comparé à un «collabo» ...

  • On attend plus de l’ex-French Doctor, qui s’est toujours distingué par son courage physique et son sens du geste symbolique en faveur des libertés dans le monde. Le Robin des droits qu’il avait su être en inventant le «droit d’ingérence» a laissé la place à un diplomate contraint, comme s’il craignait que son ancienne réputation ne vienne menacer sa position nouvelle. Pourtant, comme nous l’avons déjà écrit, la proposition défendue par Robert Ménard et Reporters sans Frontières - une menace de boycottage de la cérémonie d’ouverture par les responsables politiques invités - est à la fois juste et mesurée. Fort de son itinéraire, redevenu lui-même, Bernard Kouchner peut encore la faire prévaloir.

Modem - Mouvement Démocrate Boulogne Billancourt

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