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lundi, 11 février 2008
La laïcité est la pierre d'angle de la société française
François Bayrou était hier soir l'invité de Christine Ockrent et Jean Michel Blier dans l'émission Duel sur France 3, consacrée à la laïcité.
Le président du Mouvement Démocrate a rappelé avec force : " La laïcité est la pierre d'angle de la société française. Toute réouverture de cette boîte de Pandore qui nous amènerait à faire ressortir les démons qui sont dans cette histoire des relations entre l'Etat et les religions, toute réouverture est dangereuse. On est là en train d'ébranler des piliers de ce qui fait le modèle républicain français."
Il a réaffirmé l'attachement au modèle français de laicité : " Il y a un pays dans le monde qui avait construit un modèle qui rendait le risque impossible, c'est le nôtre. Par pitié gardons-le et battons-nous pour défendre ces principes."
Interrogé sur la question de la place de l'Islam, François Bayrou, répondant à la fois comme catholique et comme citoyen a estimé : " Notre histoire collective de l'Eglise était assise sur le fait que tout pouvoir vient de Dieu. Et c'est comme ça que nous avons vécu pendant des siècles. Et puis peu à peu le chemin (celui de la séparation de l'Eglise et de l'Etat) a été fait. Je crois que l'Islam fera le même chemin à condition que nous ayons des principes forts, qui servent de marqueurs, de repères à tout cela. Donc cela dépend de nous que le chemin se fasse."
Modem - Mouvement Démocrate Boulogne Billancourt
20:13 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, laicité, islam, religion, Etat, chrétien, Dieu













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Commentaires
Le principe de la laïcité inscrit dans la Constitution constitue un des fondements de notre République. L’article 2 de la Constitution de 1958 réaffirme le premier article de la Constitution de 1946 : « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». La laïcité repose sur deux principes : l’obligation de l’Etat de ne pas intervenir dans les convictions de chacun, et l’égalité de tous devant la loi, quelle que soit leur religion.
La Laïcité est une réponse institutionnelle à la sécularisation du pouvoir qui impose la neutralité religieuse de l’Etat. A ce titre, les propos du discours de Latran prononcé par le chef de l’Etat, portent atteinte à la laïcité.
Alors que depuis la loi de 1905 la religion ne structure plus l’espace social, la laïcité « positive » provoque à nouveau une polémique. La lettre de Jacques Chirac (2003) adressée à la commission Stasi demandait d’évaluer dans quelle mesure un Etat laïque est-il capable de réaffirmer ses principes tout en reconnaissant la diversité culturelle.
La laïcité « positive » permet-elle la diversité culturelle ? Le risque d’une laïcité différenciée apparaîtrait comme un nouveau facteur déclenchant d’une fragmentation sociale.
Le problème de la protection par l’Etat de la liberté de culte provoque une certaine injustice prévoyant la mise à disposition de lieux de culte pour les religions implantées avant 1905. Or, celles issues des vagues d’immigration plus tardives ne peuvent y prétendre au risque de créer une jurisprudence : la justice devant alors reconnaître LA religion et départager alors LES religions / des sectes, qui s’en réclament.
La laïcité à l’école rencontre deux difficultés. Proposer une école laïque n’a pas pour seul but de soustraire l’éducation de la jeunesse à l’influence d’une religion majoritaire, mais d’intégrer de nouvelles franges de la population attachée à une tradition religieuse qui n’a pas encore fait le chemin de la laïcité. La laïcité à l’Ecole s’est instaurée dans un contexte où l’on pensait (à tort) inéluctable le déclin du fait religieux. Le principe de la séparation ne peut signifier l’ignorance. Si le fait religieux relève de la sphère privée, et les agissements du pouvoir de la sphère publique, il n’est pas moins évident que l’une et l’autre puissent se remettre réciproquement en cause. La laïcité est-elle victime de son succès ? : faite de silence, elle est incapable de faire face aux difficultés actuelles. Mais laisser croire que cette tolérance pourrait s’exprimer par des signes ostensibles serait vain et succomberait si la diversité des communautés religieuses entraient en compétition pour occuper l’espace laïc de l’Ecole, chacun affichant des signes de clôture aux autres. C’est tout le contraire : le principe de l’école laïque est de laisser à chacun la possibilité de rencontrer l’autre sans voir en lui le représentant d’un groupe : le pire serait d’ethniciser les rapports sociaux.
Aujourd’hui, on ne peut que constater la sécularisation de notre société. Cependant la prudence est de mise tant la désacralisation peut être lourde de conséquence. Si la structure religieuse de notre société n’est plus, il serait vain de croire que nous en avons fini avec la religion comme culture. Le modèle de laïcité de notre société a eu comme projet de contenir les prétentions de l’Eglise catholique en situation de quasi monopole. Or il convient effectivement de repenser la laïcité en fonction de ses nouveaux problèmes.
Une laïcité qui engendre le communautarisme religieux, culturel et social, relègue une partie de la société dans l’incompréhension même de son sens.
L’histoire de la laïcité républicaine a trop souvent ignoré l’individu alors que le multiculturalisme propre aux sociétés ouvertes, appelle une laïcité tolérante dont il faut redéfinir le sens, une laïcité réinterprétée qui favorise l’intégration plutôt que l’expression d’un républicanisme inadapté aux valeurs collectives de la société démocratique.
Ecrit par : Stéphane Robin | lundi, 11 février 2008
Quand Bayrou dit qu'il ne faut pas ouvrir le dossier de la laïcité, 'sa boîte Pandorre, qui parle ?
Le fervent chrétien, le citoyen laïque ou l'homme politique.
En politique et dans toute société humaine pourquoi décidé un jour que rien ne doit être changé alors que la France de 2008 n'a rien à voir avec la France du début du XXième siècle.
Pourquoi refuser de rendre plus perfectible des lois et la mettre au goût du jour.
Je pars du principe que décider de ne rien toucher de ce qui a été écrit en 1905 entre dans la même logique de certains religieux qui considèrent que les textes sacrés sont parfaits et qu'ils ne doivent pas être modifiés. On est dans la même logique de conservatisme.
Il ne faut pas avoir peur de changer les choses si cela va dans le sens d'une meilleure justice.
Le contexte politique en 1905 n'avait absolument rien à voir avec la France de 2008, refuser ce constat ne fera que créer un sentiment d'injustice et une montée des communautarismes
Tahar, coeur de Lyon
Ecrit par : houhou | lundi, 11 février 2008
je trouve l'analyse de stephane robin très pertinente et très bin exprimée.
Bravo et mes respects
tahar, coeur de Lyon
Ecrit par : houhou | lundi, 11 février 2008
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