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dimanche, 10 février 2008
On aimerait que "son truc", ce ne soit pas des Alstom copiés-collés à répétition mais une politique industrielle moderne, économe, crédible
A noter la Tribune En finir avec "son" sauvetage d'Alstom, par Eric Le Boucher, publiée dans l'édition du Monde de ce jour.
Quelques extraits :
- Nicolas Sarkozy en a fait son pont d'Arcole. "J'ai sauvé Alstom". Dans ses discours et livres (Témoignage), tout du long de la campagne électorale, lors de chacune de ses visites de sites industriels, le chef de l'Etat fait référence à cet épisode qui l'a vu en 2004, comme ministre de l'économie, faire accepter par Bruxelles un plan de recapitalisation de ce groupe.
- Le président a raison de se féliciter de ce fait d'armes. Alstom se porte aujourd'hui très bien... Le malheur pour le président est qu'aucun de ses conseillers n'ose lui expliquer que les conditions ont fait de ce sauvetage un cas exceptionnel et qu'il se fourvoie à en faire un cas général.
- "Je crois aux usines, c'est mon truc", a dit le président en retournant chez Alstom, à Aytré, en Charente-Maritime, mardi. ...Mais on aimerait que "son truc", ce ne soit pas des Alstom copiés-collés à répétition mais une politique industrielle moderne, économe, crédible.
- La réalité du sauvetage d'Alstom n'est pas conforme à l'antienne du président. Le groupe qui fabrique des bateaux, des trains et des turbines est mal privatisé en 1989 et mal mis en Bourse en 1998, pas assez capitalisé... Les banques veulent bien avancer 1,2 milliard et se porter caution de 3 milliards mais refusent d'entrer au capital, nous ne sommes plus dans les années 1970...
- En mars 2004, Nicolas Sarkozy, arrivé à Bercy, écarte tout découpage en morceaux, propose de convertir titres et créances d'Etat en échange de 30 % du capital, et part à Bruxelles forcer la porte de Mario Monti, le commissaire à la concurrence. C'est une renationalisation partielle provisoire. Le ministre est acharné, le 7 juillet, la commission cède, le plan est accepté. Alstom est "sauvé"...
- L'"exceptionnalité" d'Alstom est que c'est une boîte saine, qui a des clients et des produits ... Mais, par accident, Alstom tombe dans une crise de liquidités. Faute de trouver un industriel français intéressé, les banques refusant, l'Etat pouvait légitimement intervenir. Aujourd'hui, si ce n'était la crise financière, des fonds de private equity pourraient faire ce travail.
- D'autres industriels sont-ils dans ce cas ? Certainement pas l'usine sidérurgique de Gandrange où Nicolas Sarkozy a pourtant promis que l'Etat allait "prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires". L'usine n'est pas en crise financière mais en crise industrielle... L'Etat ne peut pas faire ce travail que refuse de faire son propriétaire, Mittal. Quant à espérer trouver un repreneur, c'est se mettre dans les mains des margoulins.
- L'industrie française est dans un état beaucoup plus critique qu'on l'admet. Son commerce extérieur en rouge le prouve. On ne peut reprocher au président de la République de vouloir la "sauver". Mais qu'il oublie Alstom, ...
- La situation est grave, Nicolas Sarkozy se complaît dans le refrain d'une victoire belle, mais facile. L'industrie souffre de ses coûts, de sa spécialisation et de ses structures : 110 000 entreprises exportaient en 2000, elles ne sont que 98 000 aujourd'hui ! Voilà où notre général industriel devrait porter son épée et son "truc" !
Modem - Mouvement Démocrate BOulogne Billancourt
09:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Industrie, Sarkozy, Le Monde, Alstom, banque, Bruxelles, Bercy










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