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lundi, 11 février 2008

Lutter localement contre les méfaits de la pollution de l'air

Chaque jour, plus de 14m3 d'air circulent dans nos poumons. Chargé de particules nocives, comme les oxydes d'azote, l'ozone ou les poussières fines, l'air vicié peut causer des dommages importants à la santé, quelque soit l'âge. Au banc des accusés, les transports routiers sont en première ligne.

Selon l'agence européenne de l'environnement, la pollution de l'air entraîne une diminution de l'espérance de vie d'environ un an en Europe centrale et occidentale. Elle affecte le bon développement des enfants, en favorisant les allergies, les asthmes, les bronchites chroniques et les eczema.

Faut-il pour autant mettre le moins possible le nez dehors et s'engouffrer rapidement dans l'habitacle douillet de sa voiture pour se protéger des toxiques ? Non. Des études récentes tendent à montrer que les automobilistes sont en fait les premiers exposés aux polluant qu'ils émettent. Une étude menée par Airparif en Ile de france montre ainsi que l'exposition des automobilistes au benzène et au formaldéhyde, deux cancérogènes notoires, est significativement supérieure pour les automobilistes que pour à celle des piétons et cyclistes. Un enfant roulant en poussette serait ainsi moins exposé à la pollution que lorsqu’il est dans son siège auto !

Mais si la qualité de l'air dépend des compétences de l'Etat, la plupart des outils de prévention et d'action relèvent directement ou indirectement de la compétence des collectivités territoriales, dont les municipalités :

  • L'une des mesures les plus simples consiste à augmenter les arbres et la végétation en général dans la commune. Les végétaux n'ont pas seulement le pouvoir de filtrer l'air, ils ont aussi un pouvoir climatisant. Plus la température est clémente, notamment l'été, plus les émanations de différents toxiques baissent.

  • Le chauffage étant une des sources de pollution, les villes peuvent, à leur niveau, favoriser une réduction des consommations énergétiques : accompagnement au diagnostic énergétique dans l'ancien, construction de batiments à faible consommation dans les nouveaux quartiers,

  • Pour retrouver une qualité de l'air satisfaisante, il faut également offrir des alternatives de transport aux habitants, en multipliant les solutions de transport en commun, mais aussi en favorisant les alternatives douces, comme le vélo, ou la marche à pied.

  • Réduire les kilomètres parcourus en favorisant l'emploi local et le télétravail.

  • Une partie importante de la pollution venant du transport de marchandises, il faut également développer les modes de transport les moins polluants : par la voie fluviale, par le rail, y compris en développant en ville des tramways permettant le transport de fret la nuit, et en créant des espaces logistiques urbains (qui constituent l’une des mesures préconisées par le ministère des transports pour réduire les nuisances du trafic de marchandises en ville), des véhicules propres de petites tailles prennant le relais pour assurer les livraisons en ville.

A Boulogne Billancourt, la liste "les boulonnais en mouvement" met le développement durable au coeur de ses priorités pour les municipales, et entend ainsi lutter concrètement contre les méfaits de la pollution de l'air.

Hervé Chefdeville

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