lundi, 21 janvier 2008

Une impression de désordre et d'absence de priorités

A noter la chronique "Sarkozy, la civilisation et la cohérence, par Eric Le Boucher" publiée dans l'édition datée du 20 janvier.

Quelques extraits :

  • Que Nicolas Sarkozy adopte brutalement la "politique de civilisation" pour nous en bassiner depuis Noël, en France comme à l'étranger, on reste interloqué. Le dirigeant le plus matérialiste que la France a eu depuis Pépin le Bref, qui nous expose continûment en "une" ses yachts et ses petites pépés, qui aime l'argent et ne s'en cache pas, .., nous évoque maintenant l'amour et Dieu.

    On voit le truc. Le président et ses conseillers ont peur que le mitraillage des réformes tous azimuts depuis huit mois donne une impression de désordre et d'absence de priorités. Nicolas Sarkozy, candidat de la rupture libérale il y a un an et demi, devenu ensuite l'apôtre du pouvoir d'achat, puis praticien de l'ouverture à gauche, manque aussi d'un cap compréhensible.

    Le truc est donc de dire, comme le président s'y employa au cours de ses voeux du Nouvel An, que le mitraillage correspondait aux "urgences" des nécessaires changements rapides mais que, maintenant, l'action allait s'inscrire dans la durée... Laquelle ? Celle d'une "politique de civilisation". Il n'y a pas que les réformes en zigzag, il y a une vision longue et haute, "une nouvelle Renaissance". Rien que ça. Et, puisqu'on y est, dans l'ambition, allons-y sans mégoter : "Que la France montre la voie." Carrément.

    Une civilisation ? Le président a cité l'école, la ville, l'urbanisme, la diversité, la justice, le sens de la responsabilité et le respect de la solidarité. Qui n'est pas d'accord avec ça ? Puis, ensuite, ça devient bizarre : "Moraliser le capitalisme financier" ? Drôle d'attaque. Moraliser le capitalisme, on veut bien, mais pourquoi seulement le financier ? On sent là comme le dada d'un conseiller.

    Puis à Rome et en Arabie saoudite, voilà que la civilisation est devenue religieuse. "Dieu n'asservit pas l'homme mais le libère." Sommes-nous tous convoqués à nous agenouiller ? Il est d'accord, Edgar Morin - et nous ? -, pour rompre avec la République laïque ?

    Le hic du truc, c'est que Nicolas Sarkozy manquait de cohérence, et voilà qu'il nous propose une métacohérence : tir au-dessus, disent les artilleurs. Au mieux c'est une diversion, au pire c'est une erreur. Nicolas Sarkozy n'a pas à nous préparer une civilisation, il a besoin de faire des réformes fortes et cohérentes. Cela ne demande pas une nouvelle Renaissance mais, humblement, une ligne de stratégie économique, politique, sociale, étrangère, etc.

Mouvement Démocrate Boulogne Billancourt

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