lundi, 10 septembre 2007
Régimes spéciaux de retraite : si c'était aussi simple pourquoi Fillon ne l'a-t-il pas fait en 2002 ?
Le Premier ministre François Fillon a assuré hier sur Canal+ que :
- "la réforme sur les régimes spéciaux de retraite est prête ..., elle est simple à faire, il s'agit d'aligner les régimes spéciaux sur celui de la fonction publique",
- le gouvernement attendait "le signal du président de la République" : "Quand le président choisira de déclencher cette réforme, on entamera immédiatement les négociations avec les partenaires sociaux",
- cette réforme pouvait "être réalisée dans les prochains mois", soit par une loi, soit par un décret
Si c'était aussi simple, pourquoi le même Fillon ne l'a-t-il pas fait en 2003 dans le cadre de la loi de réforme des retraites, qui porte son nom ?
A l'époque, seule l'UDF avait demandé une réforme s'appliquant à l'ensemble des régimes de retraite (mais l'UMP majoritaire s'y était opposée) :
- Ainsi, lors du conférence de presse le 4 juin 2003, l'UDF suggérait notamment la mise en extinction progressive des régimes spéciaux pour les nouveaux actifs. "On ne peut pas réformer en laissant de côté les retraites les plus favorables"
- Un amendement UDF, rejeté en commission des Affaires sociales, proposait que le gouvernement dépose à l'Assemblée et au Sénat, avant le 31 décembre 2004, un "rapport examinant la faisabilité de la mise en extinction progressive des régimes spéciaux avec le maintien des droits acquis"."Tous les actifs recrutés par ces organismes relèveront du régime général, par contre ceux qui bénéficient du régime conservent leurs droits".
- Lors d'une intervention le 2 juillet 2003, François Bayrou précisait : "Nous avons soutenu la réforme des retraites. Elle n'est pas exactement celle que nous souhaitions. Nous l'aurions voulue universelle, c'est-à-dire englobant aussi les régimes qu'on appelle " spéciaux", et nous l'aurions aimée plus souple, ouvrant la voie à une retraite à la carte, par points, créant de vrais droits, prenant en compte la pénibilité, et permettant le rachat d'années sans décote, ou leur abondement par l'Etat, et gérées en pleine responsabilité par les partenaires sociaux.
Et nous pensions que la France était prête à accepter cette grande réforme, y compris par référendum, puisque
la justice en aurait été la clé de voûte."
De même dans le cadre de la discussion à l'été 2004 du projet de loi relatif au service public de l'électricité et du gaz et aux entreprises électriques et gazières présenté par Sarkozy, le groupe UDF avait souhaité que la réforme du système de retraite des salariés de ces entreprises aille plus loin et prévoit l'extinction du régime à terme en alignant le régime des retraites des nouveaux salariés sur le régime général. Et là encore, l'UMP s'y était opposé.
Fillon, Sarkozy et l'UMP ont évolué et semblent prêts maintenant à assumer une réforme des régimes spéciaux.
On ne peut que s'en réjouir, mais une telle réforme :
- ne peut pas se faire à la va-vite, et notamment pas simple décret, alors même que l'UMP a refusé ces dernières années de traiter ce sujet par la loi,
- devra traiter l'ensemble des régimes spéciaux, y compris celui des parlementaires, mais aussi celui des militaires,
- devra prendre en compte la pénibilité.
Modem Boulogne-Billancourt
00:15 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : retraite, réforme, Fillon, régimes spéciaux, UDF, Bayrou, Modem














Commentaires
Bravo pour ces billets quotidiens très intéressant !
Bonne continuation !
Ecrit par : Antonin Moulart | lundi, 10 septembre 2007
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