mardi, 28 août 2007
Projet de fusion Suez-GDF : les entreprises dans l'expectative
Rappelons l'historique de ce dossier, emblématique d'évolutions des discours de nos Gouvernants, d'oppositions au sein de l'UMP, et à ce stade d'une certaine inaction :
-début 2004 : le Gouvernement Raffarin engage le processus de transposition de la seconde Directive Européenne sur l'ouverture des marchés de l'électricité et de gaz, et de changement de statut d'EDF et de Gaz de France
- mai 2004 : le projet de loi (relatif au service public de l'électricité et du gaz et aux entreprises électriques et gazières) présenté par Nicolas SARKOZY, alors Ministre d'Etat, Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, prévoit la transformation d'EDF et de Gaz de France en société anonyme dont l'Etat détient plus de 50 % du capital.
- 15 juin 2004 : lors de son discours de présentation du projet de loi à l'Assemblée Nationale, Nicolas Sarkozy annonce que : "Puisque des inquiétudes se sont exprimées à ce sujet, je le redis avec force : conformément aux engagements du Président de la République et du Gouvernement, EDF et Gaz de France ne seront pas privatisées. Mieux, le Gouvernement acceptera l'amendement du rapporteur portant de 50 % à 70 % le taux de détention minimum du capital des entreprises."
- 8 août 2004 : promulgation de la loi prévoyant une détention minimale de 70 %
- 23 juin 2005 : lancement de l'ouverture du capital de Gaz de France,
- 25 février 2006 : Le Premier Ministre De Villepin annonce à l'Elysée le projet de fusion entre Gaz de France et Suez, en présence des PDG des 2 sociétés, et que le gouvernement proposera dans les meilleurs délais une modification de la loi du 9 août 2004 permettant une modification du seuil de détention de l'Etat.
- 28 juin 2006 : dépôt par Thierry Breton, Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, d'un projet de loi diminuant à un tiers le taux minum de détention par l'Etat du capital de Gaz de France,
- automne 2006 : malgré l'opposition de Sarkozy, devenu Président de l'UMP, à ce projet soutenu par son rival De Villepin, le texte est voté par les 2 Assemblées,
- 30 novembre 2006 : Le Conseil Constitutionnel décide que la disposition relative au capital de Gaz de France ne pourra s'appliquer avant le 1er juillet 2007. En conséquence, les Assemblées Générales programmées par les 2 sociétés son annulées et le projet de fusion reporté après les éléections présidentielles.
- printemps 2007 : au cours de la campagne présidentielle, Sarkozy laisse entendre que d'autres options que la fusion Gaz de France - Suez sont possibles. De son côte, Royal annonce qu'elle s'opposerait à ce projet.
- mai 2007 : François Fillon, peu après son arrivée à Matignon, annonce que le dossier trouvera une issue, dans un sens ou dans un autre, fin juin début juillet.
- 1er juillet : le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant indique que la décision du gouvernement serait prise "dans les 15 jours".
5 juillet : Nicolas Sarkozy passe en revue les options élaborées par Bercy et Matigon, avec François Fillon, Premier ministre, et Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances
Depuis plus rien, ... Sarkozy s'est déplacé à travers le Monde, est parti en vacances, a fait beaucoup de déclarations sur de nombreux sujets, mais ... a laissé en attente la question de l'avenir de 2 grandes entreprises.
Aujourd'hui, le Financial Times affirme que le PDG de Suez Gérard Mestrallet a écrit à Nicolas Sarkozy pour tenter de débloquer le projet de fusion avec Gaz de France, le prévenant que Suez pourrait "envisager d'autres options" si aucun accord n'est trouvé avant la fin de la semaine (information démentie dans la journée par Suez).
Il est pas anormal qu'une grande entreprise comme Suez, dont le coeur de l'activité énergétique est en Belgique, s'inquiéte sur son devenir, et sur l'absence de décision de l'Etat, actionnaire principal de Gaz de France, alors que le projet a été lancé il y a maintenant 18 mois (et que dans la période les cours des 2 actions ont évolué différemment).
Au lieu de chercher à coller à tout moment à l'actualité (notamment des faits divers), notre Gouvernement devrait se préoccuper un peu plus de l'économie française, et de donner un cadre favorable à la compétitivité de nos entreprises !
19:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Suez, GDF, Mestrallet, Sarkozy, Villepin, Breton, industrie














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