mercredi, 07 février 2007

Le souvenir de Pierre PFLIMLIN

Sur le site www.bayrou.fr, François Bayrou évoque "un souvenir merveilleux" à l’occasion des élections européennes de 1999.

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"J’ai un souvenir merveilleux, vraiment merveilleux au sens du miracle. On est en 1999, les élections européennes approchent, il y a un intense débat parce que Jacques Chirac veut imposer une liste unique de l’opposition de l’époque qu’il veut faire conduire par le leader du RPR, Philippe Séguin d’abord, Nicolas Sarkozy à sa suite. Après un débat de conscience pour moi très important, je pense que l’idéal européen, cela mérite quelqu’un qui le défende. .. Je convoque un Congrès pour qu’on décide de ce qu’on va faire. Et je décide de proposer au Congrès que l’UDF malgré ce qu’elle vient de vivre, ses déchirures, va proposer une liste indépendante…

A la fin du Congrès, on voit une main fragile se lever. Et c’est Pierre Pflimlin, 94 ans, ancien président du Parlement européen et dernier président du Conseil de la IVe République, qui demande la parole. …

J’étais à la tribune et je n’étais pas très rassuré parce que Pierre Pflimlin, c’était quelqu’un à qui on ne dictait pas ce qu’il avait à dire. Il était à ce moment-là au bout de ses forces physiques : il était malade, il allait mourir quelques mois après seulement. …

Il fait le discours suivant : il commence à voix basse, c’était son truc pour faire taire les gens, après cela montait en puissance. Il s’appuie à la tribune et il redevient le tribun qu’il n’avait jamais cessé d’être.

A la tribune, il dit : "Je suis venu vous dire que j’ai vécu dans ma vie trois choses que je n’aurais jamais cru pouvoir vivre :

-         J’ai vécu après la guerre, la réconciliation de la France et de l’Allemagne, …

-         J’ai vécu en 1989, la chute du mur du Berlin, ...

-         J’ai vécu aujourd’hui la renaissance de ma famille politique".

 

J’étais à Bordeaux ce jour là et j’ai vécu ce moment rare d’extrême émotion devant un Grand Homme. D’y repenser, j’en ai presque les larmes aux yeux.

 

Hervé CHEFDEVILLE

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