lundi, 10 juin 2013
premier forum du renouveau européen le 22 juin 2013 à Paris
Pour tous ceux qui partagent l'idéal européen, la situation de l'Europe dans l'esprit des Français est un immense défi.
La plus grande chance de notre pays et de notre continent est devenue la mal-aimée.
Pourtant, sans une stratégie européenne digne de ce nom, il serait impossible de faire renaître l'énergie et la vitalité de la France, de reconstruire une économie riche en emplois, de donner sa pleine force à notre continent, de participer à l'équilibre du monde.
C'est ce défi que nous avons décidé de relever ensemble.
Cela exige un mouvement sans précédent de volonté, de lucidité et d'engagement.
La tâche des refondateurs est peut-être plus exigeante que ne le fut celle des fondateurs.
Cette réflexion doit déboucher sur une proposition politique aux élections européennes du printemps 2014. Mais nous avons la mission de la commencer dès aujourd'hui.
C'est pourquoi, au nom du Parti démocrate européen, que nous avons fondé avec Romano Prodi, Francesco Rutelli et moi-même, avec les députés européens de notre mouvement, sommes heureux de vous inviter au :
Premier forum du renouveau européen
Samedi 22 juin de 14h à 18h
au Centre de conférence Paris Marriott Rive Gauche
17 boulevard Saint-Jacques - 75014 Paris
Nous accueillerons lors de ce forum deux grands témoins, Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur et des services, et Guy Verhofstadt, président de notre groupe ADLE au Parlement européen.
Des spécialistes de l'opinion analyseront avec nous l'état d'esprit de nos compatriotes. Et vous aurez l'occasion de vous exprimer, comme le feront les responsables politiques de notre mouvement.
Pour la bonne organisation de ce forum, je vous serais reconnaissant de nous faire connaître votre participation en remplissant le formulaire disponible en cliquant ici.
Je serai heureux de vous rencontrer à cette occasion.
Avec toute mon amitié,
François Bayrou
16:11 Publié dans Bayrou, Economie, éducation, Environnement, Europe, International, Mouvement Démocrate, Politique nationale, Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 03 avril 2013
Moraliser la vie publique, une urgence !
Le scandale Cahuzac, après tant de mensonges publics, venant après tant d’autres scandales, a créé une onde de choc sur le gouvernement, sur la vie politique de notre pays.
La situation de la France exige une démarche générale de moralisation de la vie publique dans notre pays. Nous appelons à une nouvelle nuit du 4 août, pour abolir un certain nombre des privilèges parmi les plus exorbitants du droit.

Soutenez la pétition proposée par François Bayrou au Président de la République
Ce référendum doit avoir pour objet la loi générale de moralisation que le pays attend, à laquelle il ne croit plus, mais qui est possible.
Elle doit toucher aux pratiques du pouvoir et du monde politique.
Elle doit permettre d’interdire les conflits d’intérêt par l’adoption rapide des mesures proposées par le rapport Sauvé.
En particulier, elle doit créer d’urgence une autorité de déontologie de la vie publique. Cette autorité doit se voir confier la charge du contrôle et de la publicité des déclarations de patrimoine des ministres et des élus et la lutte active contre le mélange entre les intérêts privés et l’intérêt public.
Cette autorité permettra d’interdire les situations qui durent depuis des lustres, dans lesquelles des élus, en particulier par l’exercice de professions de conseil, sont soumis à des influences extérieures, en recevant des avantages ou des émoluments du monde des intérêts privés.
Au moment où les pouvoirs demandent sans cesse des efforts aux citoyens, ils doivent s’appliquer ces efforts à eux-mêmes.
Il faut que soit mis un terme à l’habitude prise en France de gouvernements pléthoriques, comportant jusqu’à 40 ministres et ministères, des Assemblées pléthoriques, près de 600 députés pour l’Assemblée, près de 300 sénateurs, des cabinets qui font double emploi avec les administrations dont le ministre a la charge.
Il faut que soit réglée, après tant de promesses jamais respectées, la question du cumul des mandats. Nous disons à François Hollande que renvoyer à 2017 l’application de cette règle, c’est se moquer des citoyens. Eux, on ne leur proposera pas de renvoyer à 2017 les efforts de toute nature qu’on leur demande dès cette année ! Et dans le cas où il aurait peur d’élections partielles, il lui suffit de rappeler aux élus de sa majorité que s’ils sont responsables, ils conserveront leur mandat, quitte à retrouver leurs fonctions locales en 2017 !
Il faut que les parlementaires et les élus se trouvent à égalité de traitement avec l’ensemble des citoyens, notamment en matière d’égalité devant l’impôt. Il n’est pas acceptable que les élus votent des impôts que, pour nombre d’entre eux, ils ne sont pas appelés à acquitter eux-mêmes.
Il faut que tous les courants d’opinion d’importance substantielle soient représentés à l’Assemblée nationale. J’entendais cette après-midi, les orateurs à l’Assemblée dire : « nous représentons le peuple ! ». Evidemment, c’est une illusion, vous représentez le peuple PS et le peuple UMP, mais le peuple français d’extrême-droite, d’extrême gauche et du centre indépendant, il n’est pas représenté : moins de 1 % des sièges, pour près de 40 % des voix obtenus à chaque élection présidentielle. Il faut donc une règle électorale juste qui permette si on le veut d’élire une majorité mais qui impose de représenter autrement que symboliquement les courants minoritaires du pays. Car le débat où ne peuvent se faire entendre que les partis dominants empêche la vérité, ou en tout cas bien des vérités de se faire jour.
Il faut enfin que les nominations, en particulier les nominations dans les fonctions de contrôle de l’État, ne puissent plus être comme elles le sont depuis trop longtemps, le fait du prince et l’apanage de ses favoris.
Cordialement,
22:35 Publié dans Bayrou, Droits de l'Homme, Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : moralisation, vie, politique, référendum, anticor, président, république
Un référendum pour enfin moraliser la vie politique en France !
21:09 Publié dans Bayrou, Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
"Hollande savait exactement ce que tout le monde savait ..." Edwy Plenel
15:39 Publié dans Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cahuzac, affaire, compte, étranger, fraude, fiscale, médiapart, radio
mardi, 02 avril 2013
le mensonge institutionnalisé !
François Bayrou a dénoncé "le mensonge institutionnalisé" de Jérôme Cahuzac et appelé "d'urgence à la vérité en politique", mardi 2 avril.
"Mettez-vous à la place des Français", a souligné François Bayrou aux journalistes qui l'interrogeaient. "Depuis des mois, ils ont cru ce qu'une bonne partie des responsables publics leur disaient : qu'il y avait une sorte de complot d'une partie de la presse et qu'il n'y avait aucun scandale. Ils découvrent aujourd'hui que cette thèse explose en plein vol. Les citoyens ont une fois encore l'impression qu'on les prend pour des gogos, qu'on peut leur mentir impunément, c'est révoltant", a jugé le président du MoDem.
"Le mensonge institutionnalisé, assumé les yeux dans les yeux, la dénonciation d'un complot médiatique, tout cela aboutit à la révélation d'une vérité qui disqualifie les menteurs", constate l'ancien candidat à la présidence de la République. "Ce qui a été frappant depuis des mois dans cet épisode, dit-il, c'est le soutien que M. Cahuzac a reçu de la part d'une partie de la presse et d'une partie très importante de l'opposition, comme de la majorité". "On a l'impression que les solidarités à l'intérieur du monde politique dépassent le simple respect de la réalité et de ses évidences", explique le leader centriste.
"Qui ne voit que la moralisation de la vie publique devient un impératif d'urgence dans un pays où plus personne, si les choses continuent ainsi, ne va pouvoir donner sa confiance aux responsables de la vie publique", prévient François Bayrou. "Plus que jamais, ce dont notre démocratie a besoin, enfin, d'urgence et sans atermoiement, c'est de la vérité en politique. Les Français ont besoin, à juste titre, de pouvoir se fier à la parole de ceux qui leur parlent. Les politiques doivent montrer au plus vite qu'ils accordent une attention plus grande à la vérité, à la sincérité. J'appelle à ce que l'on face enfin moins de place à la communication et plus de place à l'authenticité. Nous encourons de graves accidents, si nous ne faisons pas ce pas décisif", ajoute le président du MoDem qui vient de publier un livre sur ce sujet.
17:39 Publié dans Bayrou, Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cahuzac, compte, étranger, vérité, politique
samedi, 19 janvier 2013
Nous avons besoin d'un pays uni et courageux
14:37 Publié dans Bayrou, Economie, Environnement, Europe, International, Mouvement Démocrate, Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voeux, 2013, modem, gouvernement, politique, presse
samedi, 24 novembre 2012
Sommet européen: "Un échec politique qui tombe mal"
L'eurodéputée Marielle de Sarnez a exprimé vendredi sa déception après l'échec du sommet européen sur le budget de l'UE 2014-2020, estimant que cela "tombait extrêmement mal dans un moment difficile pour l'Europe" qui, plus que jamais, a "besoin de leviers pour la croissance" :
- "Je suis déçue. C'est un échec politique qui tombe extrêmement mal dans un moment difficile pour l'Europe où, une fois de plus c'est le chacun pour soi qui a gagné",
- "Quand on voit les grands pays émergeants dire que l'on est incapable de se réunir, incapable de se mettre d'accord sur un budget qui est juste 1 pour cent du PIB alors que l'on a plus que jamais besoin de leviers pour la croissance, et bien tout ceci est très décevant",
- "C'est une occasion manquée pour les chefs d'Etat et de gouvernement et un mauvais signal pour l'Europe. Le déroulement des débats était bien loin de l'esprit de solidarité et de vision à long terme qui avait présidé à l'époque de Jacques Delors quand fut inventée la programmation budgétaire pluriannuelle",
- "Une fois de plus c'est le chacun pour soi qui l'a emporté. Cette absence de volonté de peser ensemble dans le monde tel qu'il est n'est plus ni acceptable ni viable. L’Europe et ses Etats-membres ne sortiront pas de la crise sans une action cohérente et concertée pour relancer leur économie et renouer avec une politique de croissance"
23:44 Publié dans Economie, Europe, International, Mouvement Démocrate, Politique nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 16 novembre 2012
Tripoter les tarifs de l'électrité
Extrait d'un article de Marcel Boiteux, Membre de l'Institut, dans lequel ce défenseur d'une certaine conception du service public, dénonce les absurdités économiques du projet de loi PS - Verts, et termine par une conclusion politique sur les limites du rôle de l'Etat
"Un tarif progressif pour l’électricité domestique ? On en parle à nouveau, mais ce fut déjà l’objet d’un grand débat au début des années cinquante : il s’agissait alors de rebâtir complètement la tarification de l’électricité, sinistrée par l’inflation des années de guerre.
L’idée d’une première tranche d’électricité à bas prix était avancée avec conviction par les défenseurs des consommateurs pauvres. Un débat s’esquissait d’autre part sur l’opportunité de maintenir dans les tarifs une troisième tranche bon marché, que les électriciens avaient promue pour développer les usages nouveaux de l’électricité, et notamment la cuisine électrique.
A l’époque, c’est à l’EDF, récemment nationalisée, que revint la charge d’élaborer une nouvelle tarification qui soit suffisamment étayée et acceptable pour obtenir un vote majoritaire des trois collèges du Conseil d’Administration - l’Administration, le personnel, les usagers - et avoir l’accord de la puissance publique tant au niveau local que national.
Quant au principe, la réponse des économistes patentés était claire : il faut que chacun paye ce que la prestation dont il bénéficie a coûté à la collectivité à travers tous les acteurs qui y ont contribué ou en ont été affectés. Nous sommes tous placés devant des choix quotidiens - faire chauffer l’eau de la vaisselle (ou de la baignoire) le jour ou la nuit ; ne pas allumer l’entrée en rentrant le soir dans l’obscurité, quitte à prendre le risque de se casser la jambe ; faire chauffer l’eau du petit déjeuner sur le gaz ou dans une bouilloire électrique, etc … - en somme, tout ce qui fait, plus ou moins consciemment, la vie de tous les jours forgée par l’habitude. Si, d’une manière ou d’une autre, à travers toute l’économie, chacun est appelé à payer ce qu’il coûte pour chaque bien ou service dont il use, la solution la plus économique pour lui sera aussi la plus économique pour la collectivité. A l’inverse, si les prix ne reflètent pas les coûts, ce qui sera le plus économique pour le consommateur peut très bien ne pas l’être pour la collectivité. Pour mon foyer, ou le vôtre, cette erreur ne pèsera pas beaucoup sur la vie de nos concitoyens. Mais si tout le monde, faute de bon guidage, fait des mauvais choix, le coût collectif peut s’avérer finalement très élevé.
Bien sûr, tout cela est sommaire, simpliste. Mais c’est le coeur du sujet. « Les horloges sont faites pour dire l’heure, et les prix pour dire les coûts » ai-je écrit quelque part sous un autre nom. Faisons d’abord en sorte que chacun paye ce qu’il coûte. On verra après pour les correctifs.
Mais il est des usages de l’électricité dont on ne peut plus se passer aujourd’hui dans des pays comme la France où certaines prestations, vues comme des luxes de nantis dans les régions les plus pauvres du globe, font partie ici du minimum vital. Sauf à être expulsés de leurs logements, ces « pauvres » consommeront un minimum d’électricité considéré comme quasi-vital dans le monde développé, et cela quel qu’en soit le prix. Leur consentir chaque mois, chaque trimestre, un minimum de consommation gratuite ou à prix réduit, ne modifiera en rien leur comportement en tant que consommateurs. On ne peut donc dire que leurs choix seront faussés.
D’autre part, à une époque où l’on se soucie de gérer au mieux les ressources limitées de la planète, ne faut-il pas inciter les plus riches à ne pas gaspiller l’électricité (ou le gaz) ? On peut sans doute y parvenir en majorant le prix de toutes sortes de consommations apparemment peu utiles : telles que celle de la télévision qu’on aura laissé en service toute la nuit après s’être contenté de baisser le son, ou celle du chauffage d’une pièce dont on règlera la température en ouvrant la fenêtre pendant quelques heures etc … Ne faut-il pas décourager ce genre de négligence en majorant le prix des consommations élevées ? C’est là, semble-t-il l’objectif de ceux qui veulent que les tarifs de l’électricité soient progressifs : plus on consomme, plus le prix du kWh doit être élevé, puisque plus grande est la probabilité qu’il s’agisse d’un gaspillage de la part d’un consommateur riche et insouciant.
Tarifs réduits pour les pauvres, tarifs progressifs pour les riches, avait-on vraiment tout faux jusqu’à maintenant ?
…. Le coût d’une fourniture d’électricité comporte deux parties. La première est indépendante de la consommation effective. Elle tient à l’obligation pour la société distributrice d’électricité d’ouvrir un dossier (informatique maintenant), d’installer un compteur, de relever et de facturer la consommation, d’entretenir le morceau de réseau dont l’existence et la taille sont commandées par les pointes de consommations éventuelles du client (branchement individuel et réseau immédiatement en amont) : ces dépenses sont enclenchées le jour où le client s’abonne, et elles courent de la même manière que le dit client consomme ou pas. Si l’on veut que chacun paye ce qu’il coûte, il faut donc tenir compte de ce premier chapitre : qu’il consomme dès maintenant ou plus tard, qu’il s’absente ou non pour trois mois, cette dépense court dès lors qu’on a dû se mettre en état de l’alimenter à partir du jour de son raccordement. Cela justifie ce qu’on appelle une « prime fixe », mensuelle ou trimestrielle. « Mais je n’ai rien consommé ! », dit l’abonne indigné qui s’est absenté deux mois. Réponse : vous n’avez pas consommé de kWh, et vous n’en payerez donc pas ; mais vous avez consommé un autre service, celui qu’on a mis en place pour vous permettre de devenir « abonné », et dont on ne peut rien faire pendant votre absence. Demandez-vous au propriétaire de votre appartement de décompter de votre loyer vos semaines d’absence ? Ou bien vous résiliez, ou bien vous payez : c’est la nature des choses.
Outre cette prime fixe, le client doit payer le coût de la production du kWh qu’il va consommer, et celui de la transformation-acheminement de ce kWh par les réseaux de vente en gros, puis de vente au détail, et enfin de livraison à domicile. Comme la côtelette de veau, le prix au kilo est beaucoup moins élevé à la sortie de l’abattoir (la « très haute tension ») qu’à l’arrivée dans l’assiette des consommateurs (la « basse tension ») : chaque service rendu tout le long de la chaîne doit être rémunéré, et le client final n’a aucun motif à exiger d’être dispensé du coût élevé de la transformation, de l’acheminement et de la commercialisation.
La question d’un éventuel rabais n’a donc rien à voir, non plus, avec les étapes de la «fabrication du kWh final livré à domicile. Il s’agit seulement de savoir si dispenser les pauvres d’une partie du coût de la prestation dont ils bénéficient engendrera plus de bénéfice social que de nuisance économique.
Faisons d’abord l’hypothèse hardie que l’on saura aisément déceler les vrais pauvres … Le risque que l’on prend, par exemple, en dispensant les petits clients de la prime fixe, c’est de voir se multiplier les petits contrats, à la place du contrat unique qui aurait normalement suffi. Ainsi le contrat de la loge du concierge, qui consomme peu, sera subventionné au bénéfice du nabab qui possède la propriété et a logé son chauffeur-concierge dans le petit immeuble de l’entrée. Ce n’est pas bien grave, mais c’est bête ! On luttera difficilement aussi contre l’éclatement du contrat principal souscrit pour un grand appartement : à côté du contrat principal apparaîtront des contrats séparés pour les chambres de service … ou celles des enfants étudiants. Ce n’est peut-être pas bien grave non plus mais, sauf à mobiliser des armées de contrôleurs (« ça créé des emplois »), il y aura - ça s’est vu - une fraude non négligeable consistant à multiplier coûteusement le nombre des « abonnés ».
La pression à la fraude sera d’autant plus importante qu’au-delà de la seule prime fixe, la générosité légale peut aller plus loin : on voudra subventionner la totalité de ce qui est censé constituer une consommation indispensable d’électricité. Mais cette consommation réputée indispensable va dépendre de l’importance de la famille, du métier du ou des parents (veilleur de nuit ?), du statut des enfants (pensionnaires ?), du niveau des études (travail du soir ?), du chauffage de l’immeuble eu égard à son niveau d’isolation, du nombre de vieilles ampoules à incandescence qui subsistent encore (et dont les « pertes » chauffent l’appartement l’hiver et réduisent très notablement les besoins de gaz ou de fuel à brûler) etc … Il n’y a pas de critères vraiment simples pour caractériser le montant de l’aide électrique à apporter à chacun. Mais, sitôt que les critères deviennent compliqués, il faut des armées de fonctionnaires pour contrôler le système, afin d’éviter la démoralisation contagieuse des honnêtes gens qui voient les malhonnêtes prospérer.
Reste à savoir qui payera. Normalement, et pour assurer la pertinence et l’équilibre des choix, « c’est celui qui décide qui paye » (pas avec son argent bien sûr, mais sur son budget). N’est-ce pas là le seul moyen d’être assuré qu’on a convenablement arbitré l’emploi des deniers publics entre les multiples manières de les dépenser ? La réponse est donc claire, c’est celui qui a décidé quelles sont les catégories de « pauvres » à aider qui doit indemniser les distributeurs d’électricité (ce sera donc l’Etat s’il s’agit de critères généraux, ou les groupements de collectivité compétents si la désignation des pauvres à aider se fait à leur niveau).
Dans les années soixante autant que je me souvienne, EDF avait conclu un accord avec les (des) mairies. En effet, ce n’était pas au releveur-encaisseur d’EDF de décider si l’abonné qui se déclarait incapable de régler sa facture d’électricité dans les délais était un vrai pauvre, un insouciant, ou un fraudeur ; c’est à l’autorité publique (la mairie en l’occurrence) de le faire. EDF avait donc décidé de procurer à chaque mairie des « bons d’électricité », dont le nombre serait négocié chaque année en fonction des caractéristiques de la population. Ainsi la mère de famille démunie payait en bons gratuits obtenus régulièrement de la mairie. En contrepartie, conséquence naturelle du système, EDF coupait le courant (après les précautions et délais d’usage) aux familles, même les plus émouvantes, qui n’avaient ni argent ni bons. C’était parfait, chacun était dans son rôle. Malheureusement, il est arrivé de plus en plus souvent que la mairie distribue tous les bons annuels dans les premiers mois, pour s’indigner ensuite qu’un service public comme EDF coupe le courant à une famille nombreuse surprise en multi-récidive … Cependant que dans une autre commune, un client apparemment peu miséreux (à en juger par son équipement électro-acoustique) payait gentiment avec des bons : bien que nominatifs, certains bons pour familles nombreuses étaient revendus à bas prix à des moins pauvres lorsque, sans le sou, la bénéficiaire s’était vue acculée à vendre ses bons pour acheter dans l’urgence de quoi remplir la marmite.
Comment faire ? Il n’y a pas de bonne solution, évitant la fraude et les injustices. Et l’on en revient à penser à l’impôt négatif : ne serait-il pas plus simple, plus juste, plus économique de s’y lancer, au lieu de multiplier partout de nouvelles sources de fraude ou d’injustice … et cela tout en mobilisant une armée de fonctionnaires pour étudier, mesurer, édicter et tenir à bout de bras des systèmes d’aide artificiels (systèmes qui risquent de devenir rapidement hémorragiques s’ils sont insuffisamment contrôlés, ou d’être qualifiés de « policiers » s’ils le sont autant que nécessaire …).
Un tarif progressif ? Réduit (ou annulé) pour une première tranche couvrant les besoins essentiels de l’abonné, le tarif comporterait au contraire, au-delà d’un certain niveau de consommation, un prix pénalisant pour inciter les «riches» a être raisonnablement économes. Ainsi formulé, le projet est tout à fait honorable. Mais, là encore, à partir de quel niveau, avec quel type de climat, pour quelle nature de maison et quelle composition de la famille, avec quels types d’activité à domicile et pour quelles moeurs familiales (entre celles qui se lavent les cheveux tous les jours et ceux qui se contentent d’une fois par semaine !) ... ?
On ajoutera que si l’existence d’une première tranche gratuite ou bon marché a peu de chance de modifier abusivement les comportements (sauf à découper les contrats en contrats multiples), en revanche, une tranche coûteuse au-delà d’un certain niveau va modifier les habitudes des usagers. Ce qui est précisément son objet.
Car l’objectif est de cibler ce que doit être un bon citoyen, conscient de sa responsabilité à l’égard des collectivités auxquelles il appartient. L’Etat décide du moule à la majorité, et tout le monde est prié d’en prendre les formes. Si je préfère renoncer à l’emploi d’une voiture, mais être chauffé à 22° au lieu de 19 l’hiver, je suis puni malgré le service rendu à la circulation et à l’atmosphère terrestre. J’avais l’intention d’opter pour la voiture électrique, puisque mes trajets sont courts, va-t-on m’en tenir compte ? Oui sans doute. Mais à vrai dire je roule très peu aujourd’hui et dorénavant. Enrichissement abusif … sauf si l’on contrôle chaque année mon compteur. Mais va-t-on aussi contrôler ma bouilloire électrique ? Je bois souvent des boissons chaudes à la demande de mon médecin. Pourrai-je fournir un certificat médical pour avoir une bonification «de bouilloire» ?
Qu’on le veuille ou non, le «Grand Frère» est là, à l’affût, qui attend le moment de prendre enfin le pouvoir et de nous dicter nos comportements.
Et il est vrai qu’à partir du moment où l’on s’autorise à tripoter les prix, non pour mieux traduire les coûts - y compris les coûts non marchands - mais pour inciter à des comportements que l’on prétend imposer par la voie politique, la «dictature du prolétariat» n’est pas loin.
Qu’un Grand Frère nous dirige un peu pour les choses importantes (la guerre, certains aspects de la diplomatie, quelques principes de base de notre vie sociale, le souci d’éviter des enrichissements vraiment injustifiés … etc), il le faut certainement. Mais quand, au-delà de quelques incitations soigneusement mesurées pour des objectifs essentiels et largement acceptés, le Grand Frère en vient à nous prendre par la main (à 53 %) pour nous plier entièrement à sa conception du bien, la dérive est proche.
Pour prendre un exemple extrême, n’oublions pas monsieur Pol Pot. Formé par le monde universitaire parisien, il s’était construit l’image d’une société idéale. Et cette société, il s’est vu peu à peu acculé à la réaliser par la force, jusqu’à la folie meurtrière, parce que ses contemporains n’avaient pas compris vers quel paradis sur terre pouvait les conduire la Révélation qu’il avait reçue. On n’en est pas là."
23:26 Publié dans Economie, Environnement, Politique nationale, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : projet, loi, tarifs, progressifs, ps, verts, hollande, boiteux
mercredi, 24 octobre 2012
Le Gouvernement doit écouter M. Gallois et prendre des orientations courageuses
François Bayrou était l'invité de Ruth Elkrief, mardi 23 octobre sur BFM TV.
Il a notamment appelé le Gouvernement « à écouter Louis Gallois », qui doit rendre le 5 novembre son rapport sur la compétitivité des entreprises, et à « oser prendre des orientations courageuses, même si elles rompent avec le traditionnel point de vue de la gauche » :
- "Ma certitude est qu'il faut que le gouvernement écoute et qu'il ose prendre des orientations courageuses, même si elles rompent avec le traditionnel point de vue de la gauche",
- Le coût du travail "est une question mais ce n'est pas la principale",
- "Il y a une question de climat", "de savoir pourquoi les rapports avec l'administration sont si difficiles",
- "Il y a une question de droit du travail: nous sommes dans un pays qui a des rigidités excessives et qui empêchent les entreprises d'avancer quand on peut avancer, freiner quand on peut freiner".
- "Je pense et j'espère que M. Gallois abordera tous ces chapitres là et je dis au gouvernement: vous ne pouvez pas les écarter",
- "La survie de la France dépend de notre capacité à dépasser les clivages : Le gouvernement devra changer de politique ou en tous cas infléchir sa politique".
16:23 Publié dans Economie, Mouvement Démocrate, Politique nationale, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, hollande, ayrault, compétitivité, démocrate
lundi, 22 octobre 2012
Le MoDem et l'UDI ont des projets différents, mais des partenariats sont possibles
François Bayrou était l'invité de l'émission Tous politiques, dimanche soir sur France inter, en partenariat avec Le Monde et l'AFP.
À cette occasion, il a détaillé les différences claires de projets entre le Mouvement Démocrate et l'UDI, tout en soulignant que des partenariats sont possibles, notamment à l'occasion des élections européennes.
16:55 Publié dans Bayrou, Europe, Mouvement Démocrate, Politique locale, Politique nationale, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


















